D.
Le DANGER pour les tortues 1. La reproduction dans les Caraïbes 3. Pollution 4. Echouages des tortues marines 5. Tourisme E. Travaux et soins de l?Aquarium 1. Espèces et soins apportés aux tortues
2. Réhabilitation
des tortues marines F. TORTUES et SATELLITES Annexes
Bibliographie et
sources
INTRODUCTION
L?être humain est toujours intervenu dans le cycle naturel
des choses en dépit d?une sélection naturelle difficile. Depuis
de nombreuses années, la tortue connaît une chasse sans répit et
menace de disparaître si aucune nsanction n?est mise en
place.Heureusement, des personnes et des pays s?engagent à les
protéger. Il n?est jamais trop tard.
Dans ce rapport, les dernières découvertes, méthodes et
solutions envisagéespour les protéger et les sauver sont expliquées. Lors de ce stage à l?aquarium de la Guadeloupe, je me devais de comprendre et étudier les différentes tortues des Antilles. L?aquarium était disposé à les recevoir et je passia beaucoup de temps auprès d?elles. J?étais disposé à m?occuper sérieusement des tortues malades et de les réhabiliter avec l?équipe, tout en travaillant dans les bassins et le laboratoire. C?est ce qui a été fait. A) La Guadeloupe : Les premiers habitants orirginaires de la Guadeloupe étaient du Vénézuela vers 3
500 avant J-C. 300 et 700 après J-C., viennent les « Arawaks »,
en provenannce du delta de l?Orénoque. Puis arrivent de nouveaux
indiens en provenance de la région amazonienne, les « Caraïbes »
ou « Kalinas », qui colonisent les petites Antilles au
XIVème siècle. Très hiérarchisée, une société de guerriers,
qui va peu à peu effacer les « Arawaks ». ils baptisent
l?île du nom de « Karukera » qui signifie « l?île
aux belles eaux ». Ces
farouches guerriers vont se trouver face à Christophe Colomb et sa
flotte en 1493, qui finit par nommer l?île « Guadeloupe »
en hommage eu monastère de Santa Maria de Guadalupe en Estremadure. Les
« Caraïbes » combattent donc les espagnols et les
obligent à quitter la Guadeloupe en 1604 et les français
jusqu?en 1826. En 1660, un traité de « paix » est
signé entre français, anglais et « Caraïbes » ;
lequel attribue à ces derniers la Dominique et Saint-Vincent. Un
Brésilien, Charles Houël, est nommé gouverneur des petites
Antilles et profite de la situation stratégique de l?île pour créer
une puissance économique avec les marchandises locales. La
Guadeloupe redevient française de 1763 à 1769 et est dotée en
1787 d?une assemblée coloniale, avec 90 000 esclaves pour 14 000
blancs. L?île reste toujours anglaise. Arrive la révolution française
qui abolit l?esclavage. Sute au sésordre causé, les anglais
occupent de nouveau la Guadeloupe en 1794 et sont chassés dans la même
année par Victor Hugues. Un régime de terreur s?installe avec
l?arrivée dela guillotine et les descendants « békés »
sont encore bien nombreux à l?heure actuelle. Bonaparte
envoie en 1802 un gouverneur, Lacrosse, qui cherchera à faire
quitter le pays aux officiers de couleur integrés dans l?armée
après l?abolotion de l?esclavage. La Guadeloupe perd son statut
de département, les colons reprennent leurs habitations et les
anciens esclaves sont pourchassés. Victor
Schoëlcher, militant antiesclavagiste, participe activement à
l?abolition de l?esclavage le 27 avril 1848. Le Second Empire
remplace l?esclavage, par un régime de travail difficile qui
demande une main d??uvre africaine et indienne (en provenance des
Indes). En 30 ans, la Guadeloupe va accueillir 42 000 Indiens dont
20 000 mouront à la tâche et 8 000 retourneront aux Indes.
D?ailleurs, les descendants vivent actuellement dans les zones
d?activités sucrières (Saint-François, Le Moule). A
la fin du Xxème siècle, Chinois, Libanais et Syriens, tous commerçants,
vont compléter la population antillaise. Sous la IIIème République,
la Guadeloupe et la Martinique se voient attribuer une représentation
à l?Assenblée Nationale. Elles deviennent Départements français
d?Outre-mer en 1945 avec un préfet nommé par Paris, 4 députés,
2 sénateurs. 2. Sa
géographie Situé à 7 000 kilomètres de l?Europe et à 2 500 kilomètres de l?Amérique du nord, la Guadeloupe est entre le tropique du cancer de l?Equateur. Elle comprend deux îles principales : - Grande-Terre (en réalité la moins étendue) qui forme un triangle d?environ 40 kilomètres de côté et la Basse-Terre. Ces deux terres sont séparées par un étroit bras de mer, la « Rivière Salée ». -
La Basse-Terre culmine à 1 467 mètre avec le de l?île qui la
couvre au trois quart, incluant un Parc national dans sa moitié
sud-ouest. Les précipitations y sont plus importantes qu?à
Grande-Terre, notamment sur la Côte-au-Vent (côte est) et atteint
jusqu?à 12 mètres d?eau en une année !
B)
Différentes espèces de tortues marines Les
tortues marines n?ont guère changé depuis des millions d?années.
Les premières tortues qui apparurent il ya 200 millions d?années
n?étaient pas marines mais c?est à partir de 100 millions
d?années que sept espèces prirent le chemin de la mer. 1.
Présentation Les tortues vivent de préférence dans leux tropicales te subtropicales ainsi que dans les mers froides, telles que la Méditérranée ou la Mer du Nord. Toutes sont omnivores et varient leur alimentation selon leur mode de vie. Elles dorment la nuit (les tortues sont diurnes) et peuvent rester immergées des heures ou flotter. Comme chez l?être humain, des branchies se développèrent au stade embryonnaire qui s?atrophièrent en faveur des poumons. Elles sont donc obligées de remonter en surface pour pouvoir respirer. Les écailles protégeant le thorax et l?abdomen soudées entre elles formant une cuirasse rigide. En raison de cette rigidité, des muscles se sont dévelopés, capables d?éliminer l?air des poumons, ces derniers restant toujours gonflés à l?état de repos. Dans l?eau, elles utilisent leurs poumons comme subtilisateurs, phénomène unique et technique supérieure à la vessie natatoire des poissons. Les tortues sont représentées par 7 espèces et nous rencontrons aux Antilles 5 d?entre elles.
Deux
familles sont représentées : ¿ Famille « Dermochélyidés » : a. la Tortue Luth (Dermochelys coriacea) est présente rarement aux Antilles ? ¿ Famille « Chéloniidés » : b. la Caouanne (Caretta caretta), Antilles c. la Tortue Verte (Chelonia mydas), Antilles d. la Tortue Imbriquée (Eretmochelys imbrica), Antilles e. la Tortue Kemp (Lepidochelys kempii) f. la Tortue Olivâtre (Lepidochelys olivacea), observée quelque fois aux Antilles 2. Identification des espèces : a.
La Tortue Luth (Dermochelys coriacea) : Taille
et poids : la longueur de sa carapace (la distance en
ligne droite est de 140 cm en moyenne et 200 cm maximum). Son poids
peut atteindre 800 à 900 kilogramme. Signes
distinctifs : sa carapace est noire, dépourvue d?écailles
ou de plaques, sept crêtes étroites sur le dos et cinq sur le
plastron. Ses pattes, très grandes et dépourvues de griffes, font
d?elle une remarquable nageuse des eaux pélagiques. Régime alimentaire : les tortues luth mangent des proies très diverses et des plantes marines. Mais, sa préférence, reste les méduses (Rhizostoma pulmo, Cyaena capillate, Stomolphus meleagris?) dont une seule tortue peut ingérer jusqu'à 50 individus par jour. Habitat :
la luth fréquente essentiellement les eaux chaudes et tempérées
de l?Atlantique, des Océans Indien et Pacifique et de la Méditerranée.
Il arrive qu?elle tolère les eaux froides et une température
voisine de 11° C grâce à la présence d?un système
physiologique adapté. Elle effectue de grandes migrations
transatlantiques car des Luth baguées en Guyane ont été observées
au Ghana, Maroc ou France. Elle de passage en Guadeloupe
entre avril et août. Zones de reproduction ou nidification : la nidification de la luth en Atlantique a lieu dans les Caraïbes, de la Floride au nord de la Guyane : Antigua, Colombie, Guadeloupe, Puerto-Rico, Costa Rica. Mais le site le plus important se trouve à Awala-Yalimapo en Guyane où 15 000 femelles viennent régulièrement pondre. En Guadeloupe, aux Antilles, l?île de Trinidad, surtout Matura Beach, est un site fréquenté, de même que la côte au vent de Sainte-Lucie. En Guadeloupe, les pontes ont lieu sur la Basse-Terre, région de Deshaies, Sainte rose ou la côte est de la Grande-Terre, Port Louis etc? La ponte a lieu tous les 2, 3 ou 4 ans. Elle vient pondre en moyenne 5, 6 fois par saison à un intervalle d?une dizaine de jours. Elle va pondre de 50 à 150 ?ufs de 45 à 55 mm de diamètre et l?incubation dure 60 à 70 jours.
b. La Caouanne (Caretta caretta) :
Taille et poids : la longueur de sa
carapace est de minimum 11à centimètres pour un maximuim de 125
centimètres. Son poids maximum est de 105 à 180 kilogrammes. Signes
distinctifs : elle possède deux griffes à chatte
patte ? nageoire. Sa carapace est de couleur orangée à brun
chocolat, souvent jaune orangé sur le bord. Sa tête est longue et
tès large, avec 2 paires de plaques préfontrales et un bec corné
puissant. Régime
aliementaire : elle est carnivore et se nourrit
principallemnt de mollusques, crustacés, poissons, échinodermes et
d?éponges.
Habitat : l?espèce ets largent répandue
en Méditerrane, dans l?Atlantique, le Pacifique et l?Océan
Indien. Elle vit souvent en eau profonde mais aussi se rencontre
aussi relativement près des rivages. Son système physiologique de
thermorégulation lui permet de maintenir sa température interne à
quelques 5°C au ? dessus de la température de la mer. Zone de reproduction et nidification : elle est capabled?effectuer des traversées sur des idtances considérables, ainsi que des migrations collectives de plusieurs centaines d?individus vers des lieux de ponte, de seaux plus chaudes ou des sources de nourriture. L?acouplement a lieu juste avant la saison de nidification. La ponse se situe d?avril à septembre sur les plages de sable fin et les ?ufs sont émis en quatre à sept montées à terre, au nombre de 64 à 198 chaques fois. La durée d?incubation est de 45 à 65 jours. Inervalle de saison entre deux saisons de ponte estimé à deux ou trois ans. Sa nidification est très rare dans les DOM français de la Caraïbe. Dans les 10 dernières années, elle a été vue en Guyane que deux fois, en août 1981 et en avril 1983. En Guadeloupe, elle viendrait sur les plages de Basse ? Terre. c.
Torue Verte
(Chelonia mydas) :
Taille et poids : la longueur
de la carapace est denviron 90 centimètres pour atteindre 125
centimètres maximums. Le pids minimum est de 80 kilogrammes et un
maximum de 280 kilogrammes.
Signes distinctifs : elle ne possède
qu?uen seul griffe à chque patte ? nageoire. La coloration de
la tortue verte est brun olive, les plaques sont brillantes avec des
tâches jaunes, vertes et noires ; son plastron est jaune pâle,
crème ou blanchâtre. La tête est petite avec une mâchoire inférieure
dentelée et une mâchoire supérieure munie de fortes crêtes sur
la face interne.
Régime alimentaire : les jeunes tortues
vertes sont carnivores, avant de devenir herbivores (sauf certaines
mâles se nourrrissant d?invertébrés dans le Pacifique), ce qui
est exeptionnel chez les tortues marines. Leur répartition coïncide
d?alleurs exactement avec la distribution des prairies sous ?
marines. Les principales algues faisant partie de leur régine en
Atlantique sont : Cymodocea, Halophila ou Posidonia,?
Habitat : la tortue verte est connue sur
les côtes ouest de l?Afrique, la Méditeranée, l?Atlantique et
l?Océan Pacifique. Elle vit en eau peu profonde, riche en végétation
submergée mais des individus isolés peuentêtre rencontrés à des
distances considérables des côtes ; les adultes parcourent de
très longues distances entre les herbiers et la zone de
nidification. Zones de reproduction et de nidification : l?accouplement a lieu en été, en eau peu profonde, près des palges. La ponte est espacée de dix à quinze jours et libère 19 à 238 oufs chcune ; la durée d?incubation est de 45 à 70 jours. La maturité sexuelle est atteinte entre 8 et 15 ans.
d. Tortue Imbriquée (Erectmochelys imbricata) :
Taille et poids : la longeur de la
carapace est en moyenne de 80 à 90 centimètres. Son poids dépasse
rarement 120 kilogrammes.
Signes distinctifs : l?imbriquée possède
deux griffes à chaque patte ? nageoire. Sa tête est de taille
moyenne acec deux paires de plaques préfontrales et un bec corné,
pointu et crochu. Son dos est de couleur brun foncé, avec des raies
jaunes et rougeâtres sur les plaques ; le plastron est jaune pâle.
Régime alimentaire : la tortue imbriquée
est omnivore. La forme de son bec lui permet de fouiller dans les récifs
coralliens, lesquels représentent son biotope de prédilection. Les
juvéniles se nourrissent de céphalopodes, d?oursins ou
d?algues et les adultes surtout d?éponges.
Habitat : l?imbriquée vit dans les eaux
côtières, en herbiers peu profonds, mais aussi sur fonds vaseux ou
coralliens. Zones de reproduction ou nidification : les sites de reproductions de l?espèce sont dispersés dans toute la région Caraïbe, de la Floride au Surinam. Mais le lieu de exeptionnel reste la Guyane. La femelle pond à terre, deux ou quatre fois par saion, à 15 ? 19 jours d?intervalle. Elle dépose chaque fois 73 à 182 ?ufs qu?elle recouvre ensuite de sable ; durée d?incubation de 45 à 60 jours.
e. Tortue Kemp (Lepidochelys kempii) :
Taille et poids : la longeur de la
carapace est de 65 centimètres en moyenne jusqu?à 80 centimètres
maximums.
Signes distinctifs : sa carapace est de
couleur gris e et noir et son plastron ets plus pâle.
Régime alimentaire : elle se nourrit de
crabes, d?oursins, de méduses, de bivalves et de poissons.
Habitat : la kemp est extrêmement rare en
Méditerranée et semble aimer les eaux littorales peu profondes. Le
Golfe du Mexique est l?endroit propice pour la rencontrer. Zones de reproduction ou nidification : la nidification a surtout lieu dans le Golfe du Mexique, sur les plages de « Washington ? San Rafael », « la Pesca », « Rancho Nuevo » et les plages américaines de « Padre » et de « Mustang Islands ». La maturité sexuelle est atteinte à 8 ans et l?incubation de 45 à 60 jours. La ponte de nuit a lieu de 2 à 3 fois par saison à 20 jours d?intervalle. Elle dépose 54 à 185 ?ufs dans 40 centimètres de sable.
f. Tortue Olivâtre :
Taille et poids : sa taille varie etre 58
et 120 centimètres et son poids peut varier de 36 à 41 kilogrammes
Signes distinctifs : de couleur olivâtre
(comme son nom l?indique) à vert foncé, sa carapace ronde se
finit aplatie tout le long. Gueule plus fine à l?âge adulte que
les autres tortues. Son plastron est de couleur claire ? pâle.
Régime alimentaire : elle a une prédilection
pour les crevettes et les ?ufs de poissons.
Habitat : cette espèce est très menacée
donc rare en Atlantique. Son habitat concerne surtout l?Amérique
du sud dont la Guyane française et le Surinam. Zones de reproduction ou nidification : on ne connaît pas très bien ses zones de nidification car elle fût observée. Cependant on constate un nombre important au Surinam ou elle viennent pour pondre. Elle libère de 51 à 180 ?ufs pour une ponte de 15 à 20 minutes et retourne les nuits suivantes, de quatre à sept fois sur la même plage. C)
Naviguation et zones de pontes:
1.
Naviguation : La
région Caraïbe est une zone priviligiée pour la reproduction des
totues marines. Pour les migrations, les tortues adultes
s?orientent mieux que les jeunes et reviennent toujours sur les
lieux de naissance. Toutes les tortues retournent su la même plage
et ne se croisent pas avec les autres populations. La tortue s?oriente dans l?océan et ne semble utiliser aucun repère. Comment font ? elles ? Trois expications possibles : a)
Le champ magnétique terrestre : C?est l?un des repères les plus fiables et opérationnels de jour comme de nuit et insensible aux perturbations météorologiques. Par exemple, la jeune Caouane (Caretta caretta) s?oriente par rapport au champ magnétique terrestre lors de la migration vers le large. Dans le noir complet, les tortues s?orientent entr le nord et l?est magnétique. Cependant cela reste une hypothèse et les études sont à peine avancées. b)
La direction des vagues : Des chercheurs ont observé que les tortues s?orientauent face aux vagues. En effet, près des côtes, les vagues sont déviés et meurent en se propageant perpendiculaire à la côte, ce qui laisse supposer que la tortue qui nage contre les vagues s?éloigne de la côte. Mais rien n?est sur concernant l?utilité de la direction des vagues car quelques fois elles doivent faire route dans des directions non perpendiculaire aux vagues. c)
Le « sens des la topographie » : Les bandes magnétiques du fond océanique se sont successivements formées et aimantées alternativement dans l?une ou l?autre direction. Lorsque l?aimantation d?une bande parallèle au champ magnétique terrestre, elle augmente le champ local (on détecte un maximum magnétique) ; lorsque l?aimantation est inverse, elle engendre un minimum magnétique. Mais les repères dans les océans restent une énigme lors des migrations. 2.
Accouplements,
pontes et nouveaux ? nés : L?accouplement a lieu immédiatement après la ponte mais ce n?est pas une règle pour toutes les espèces. Des couples se forment en surface ou sous l?eau et lontent ensemble pour respirer. Le mâle étrient la femelle par derière et l?accouplement dure une heure ou plus. La conjonction ponte et accouplement immédiat est motivée par la conservation de l?espèce. En effet, le vaste océan et le rythme des pontes dure deux à trois ans, entraînent bien vite l?extinction de l?espèce. Aussi, les tortues sont capables de régler le cycle temporaire de la reproduction en conservant les spermes dans les organes génitaux de la femelle et restant fécondateur jusqu?au moment du voyage de retour vers la plage. La ponte s?effectue par la femelle qui dépose les ?ufs sur une plage après un effort considérable. La mère va choisir un endroit approprié en plein soleil : au ? dessus de la marée haute, pas trop près des buissons et des arbres et bien profond pour protéger les ?ufs des prédateurs. Elle se déroule toujours la nuit. La femelle va creuser avec l?aide nes nageoires pour écarter le sable et faire un trou pour abriter ses ?ufs. La ponte ne dure que 15 à 20 minutes. Elle peut revenir plusieurs nuits de suite, au même trou ou à côté mais toujours sur la même plage. Dès qu?elle aura totalement épuisé sa ponte, elle va le camoufler en surface. Si elle à le temps et la force, elle creuse encore quelques faux ? trous pour simuler sa ponte mais de manière moins soignée que les vraies. La ponte doit se terminer avant le lever du soleil.
Nombreuses sont les
femelles qui vont mourir sur le chemin de la mer, ayant rencontré
des obstacles ou l?homme qui arrêtent et les ralentit. Les petits naissent dans le sable chaud à l?abri dans leurs coquilles. La température d?incubation va déterminer le sexe de l?animal. Après environ 30 à 70 jours, les jeunes sortent des ?ufs en même temps (il doit exister un facteur déterminant les poussants à sortir ensemble) et se précipitent vers la mer. Une jeune tortue pèse environ 20 grammes et sa carapace est tendre et fragile. Les scientifiques se sont souvent demandés comment il se faisait que les nouveau ? nés se dérigent immiédiatement vers la mer ! D?après des études récentes, ils s?orientent vers la plus grande clarté, c?est à dire la nuit d?après le reflet de la lune et le jour d?après celui du soleil. Mais nombreuses tortues ne survivent pas à cette course vers la mer. Leurs carapaces n?sont pas solides comme celles des adultes et sont une proie facile pour les prédateurs. Le jour, les « frégates (grands oiseaux) attandent par centaines ce moment ? là et la nuit se sont les crabes qui s?en prennent à ses créatures sans défense. Si elles arrivent à rejondre la mer, elles devront affronter les grois poissons. Une femelle pond tous les deux à trois ans 800 ?ufs en moyenne, soit 4500 à 5000 sur uen période de quinze ans. En prenant en compte la sélection naturelle ( nous ne prenons pas en compte l?homme), nous aurons deux femelles sur cent capable d?atteindre l?âge adulte. 3.
Zone de pontes : a.
Basse ? Terre : Pour les tortues vertes et imbriquées, la Basse - Terre est l?endroit idéal pour pondre. Les plages comme « Grands ? Anse » de Deshaies, « Grand ? Anse » de Trois ? Rivières, « Saint ? Clair » et « Viard » sont le splus fréquentées. Dans le Granb ? Cul- de ? Sac ? Marin, on peut trouver les « Ilets Fajou »et « Caret ». b.
Grande Terre : Les lieux de pontes en Grande ? Terre sont Anse Bertrand, Port Louis, Pointe des Chateaux, Pointe Sable à Port Louis et la péninsule de Saint ? François. c.
Iles proches : Les Ilots de Petite ? Terre ont des pontes potentielles à « Terre du Bas » sur la côte sableuse du nord ouest, du sud ouest et à l?extrémité ouest. Sur « Terre-de-Haut », seules les criques du nord ? ouest accueilleraient des nids. Si une ponte de tortues du genre tortues Kemp (Lepidochelys kmpii) se confirmait sur cette île, ce serait une découverte étonnante, car personne ne connaît la limite fictive entre la Jamaïque et le Maroc. La
Kemp pond aujourd?hui à « Rancho Nuevo » (Mexique),
mais pondait peut ? être autrefois sur des plages des états
voisins (Texas, Tamaulipas, Veracruz ou Campêche) et l?espèce à
parfois été vu dans les Grands Antilles. Sur
Marie Galante, des pontes sont faites sur les plages de « Chalet »
et de « l?Anse de Coq » et les plages du sud ne
seraient plus concernées à cause du développement intensif des
arrières plages. Les
Saintes intéresseraient la tortue imbriquée (Eretmochelys
imbrica) sur la plage de la baie de Pompière (ou Pont ? Perre). Saint
? Martin : toutes les plages de l?ouest ainsi que celles de
la partie néerlandaise sont occupées par les hôtels, les
complexes touristiques, discothèques, ?rendent difficile un lieu
de ponte pour les tortues. Au Nord, les plages de « l?Anse
Marcel », de « Cul ?de ? Sac », et de « Baie
Orientale » sont très touristiques ; mais la « Baie
Orientale », longue de 900 mètres peut être favorable à un
lieu de ponte. Saint
? Barthélémy : on connaît très peu de chose sur des zones
de nidifications incontestables car les observations et les données
récoltées sont insuffisantes. Il y aurait eu une ponte de la
Caouanne (Caretta caretta) à Saint ? Barthélémy mais
cela reste à confirmer. L?espèce du nord ouest de l?Atlantique
pond surtout dans le sud des Etats ? Unis (Floride, Caroline du
sud et du nord, Georgie ou New Jersey), dans la « Péninsule
du Yucatan » et dans l?état du « Quintana Roo ». D)
Le danger pour les tortues : L?exploitation des tortues marines, dont l?homme est le pire ennemi, a commencé pour des produits nombreux : ?ufs, peau, viande, graisse, écaille, cartillage, carapaces et foie. La demande touristique pour ces produits est grandissante et l?utilisation de techniques de pêches et la pollution marine n?a fait qu?accentuer sa disparition. 1. La reproduction dans les Caraïbes : La zone des Caraïbes est un endroit priviligié pour els tortues. Mais voilàa que l?homme est entrain de tout modifier. Le ramassage des tortues et de leurs ?ufs (source de protéine importante et aphrodisiaque)a détruit des colonies entières. L?aménagement du littoral pour uen demande grandissante du tourisme a fait disparaître bon site de reproduction. Par exemple, deux ou trois espèces de tortues en Floride, la tortue Luth (Dermochelys coriacea) et la tortue Caouane (Caretta caretta) sont aujourd?hui en voie de disparition. Les sites menacés, fidèles à leur site de reproduction, empêchent les tortues de revenir dans leurs lieux de naissance. Les tortues issues d?ailleurs ne viendront pas sur une plage qu?elles ne connaissent pas et menacée. Aux Antilles, sur la plage, les chiens errants, crabes, rats, mangoustes, etc? sont un danger pour les tortues. La mangouste ets un mammifère introduit aux Antilles qui se prolifèrent rapidement. Sur l?Ile Fajou, dans le Grand ? Cul ? de ? Sac Marin en Guadeloupe, la mangouste mange tous les ?ufs. Aussi, un projet d?extinction de la mangouste est à l?étude. La plus grosse perte s?observe lors des premières semaines de la vie des tortues nouveaux ? nées. L?intervention de l?homme créant ensuite son extinction.
2.
Pêches meurtrières : La pêche de la tortue est facilitée par le fait que, respirant l?air au contraire des poissons, elle ne s?altère pas à terre et survit à sa capture. Pour les pêcheurs, les tortues sont faciles à pêcher et à ligoter, vivantes pendant plus d?une semaine, et peuvent parcourir de longues distancesbien plus grandes que les poissons. A leur arrivée au port, on leur perce et lie ensemble les nageoires antérieures et on passe une barre dans les trous afin que deux hommes puissent les transporter. La mortalité des tortues marines prisent dans les filets est importante. En effet, les filets de pêches, containers ou crevettiers, de petites tailles ou grandes, capturent l?une des nageoires de la tortue et l?empêche de remonter à la surface. Il arrive que la tortue se débatte violemment et l?une des nageoires se coupent. La tortue se retrouve alors en déséquilibre et en difficulté. La capture accidentelle par les grands filets en entonnoir des crevettiers est énorme.
Le deuxième responsable des massacres des tortues est
l?utilisation des challuts pélagiques, technique de pêche non sélectivepar
excellence. Les tortues capturées par ces engins de pêche sont
encore plus nombreux que ceux tués par les filets dérivants !
Heureusement que cette technique n?est pas très répandue dans
les Antilles, car elle demande beaucoup de moyens. Autrefois, les tortues étaient moins nombreuses dans la région des Antilles jusqu?à l?arrivée des premiers colons. Elles ont été chassées sans modération, pour le régime alimentaire de l?île et le commerce de l?Europe. Après 1940, l?écaille revint à la mode et de nombreux artisans antillais se mirent à travailler traditionnellement cette matière.
Aujourd?hui, des traditions persistent, la pêche continue
(cf doc 8a) et la destruction de milieu marin et sa pollution sont
en augmentation. Encore aujourd?hui, certaines îles pratiquent la chasse à la tortue aux fusils harpons, au filet, au braconnage des ?ufs et à l?exploitation de l?écaille et des carapaces. Les vieux pêcheurs antillais racontent que les Caouannes (Caretta caretta) étaient beaucoup plus nombreuses et qu?ils en capturaient plusieurs par jour dans des filets à larges mailles appelées « folles ».
Sur la petite île « Aves » en Guadeloupe, les
tortues vertes (Chelonia mydas) se rassemblaient par centaines pour
la ponte. Lors de la seconde guerre mondiale, les Guadeloupéens
remplirent des bateaux entiers, décimant gravement cette
population. La fréquence maximale de prises des tortues luth (Dermochelys coriacea) correspond à l?été, lors des périodes de pêches aux chaluts. C?est dans cette période qu?il y a la plus grande cause de mortalité.
La caouanne (Caretta caretta) et la tortue vetre (Chelonia
mydas) montrent une présence hivernale et du début du printemps,
ce qui diminue leurs captures car l?activité de pêche réduite. 3.
Pollution
La pollution par l?homme est un véritable fléau. Si
l?on pense que les marées noires et toutes les pollutions
visibles sont très nuisibles à l?environnement, les polluants
non-visibles sont les plus dangereux.
Le pillage et la sédimentation des formations coralliennes
nuisent aux tortues marines. La destruction des bancs d?algues
indispensales à l?alimentation des tortues, le mouillage des
bateaux de plus en plus nombreux dans la région des Antilles, sont
des facteurs nuisibles à leur
environnement. Les résidus des industries agro-alimentaires, métaux lourds, engrais chimiques ou déchets ménagers sont rejetés dans la mer. Ces polluants détruisen les fonds et polluent les rivages. Les pesticides (métaux lourds ou hydocarbures) s?accumulent dans les végétaux et les herbiers.
Il y a une teneur de micropolluants organochlorés, P.C.B. ou
D.D.T dans les muscles, reins, foie, graisse, accompagnant la
richesse en lipides des tissus. La teneur en métaux lourds (zinc,
fer, plomb, mercure) est localisée surtout dans le foie.Il peut
contenir, par exemple, vingt fois plus de mercure que les muscles.
Les reins ont une teneur intermédiaire. La forme organique du
mercure (méthylmercure) stockée au niveau musculaire, surtout, est
assimilée en grande partie (plus de 50%). Le foie le stockera, pour
le détoxiquer sous forme de sélénite de mercure. Le mercure, très présent en mer, finit par intoxiquer les mamifères, tortues, poissons, crustacés et autres mollusques. Les conséquences d?une exposition à de faibles quantités de métal restent mal connues, notamment parce que les effets ne se manifestent pas de suite.
On sait déjà que le mercure est toxique pour le cerveau et
système nerveux, surtout pendant leur période de développement.
Cette pollution des mers semble être un facteur direct de
mortalité. Cependant, cette intoxication peut agir en synergie avec
d?autre facteur et accentuer la mortalité. Même si l?on a
interdit l?utilisation de ces substances nuisibles et stables,
leur teneur continue d?augmenter en milieu marin car las produits
toxiques continueront à affluer dans l?eau des rivières et des
fleuves ver la mer, encore très longtemps. Les sacs plastiques ont toujours été un danger pour les tortues. Trompées par leur ressemblance d?aspect à la méduse cette ingestion provoque une occlusion ou une infection due aux lésions de la muqueuse plus ou moins retardée selon que le volume du plastique est faible ou mou. On trouve très souvent plusoeurs débris de plastique dans l?estomac d?une même tortue.
Dans les Antilles, nombre de touristes jettent des sachets
plastiques en mer ou dans la nature et nombreux sont les sacs protégeant
les régimes de bananes « sur pied » véhiculés par les
cours d?eau ver la mer. Des études d?incinération sont à l?épreuve
pour remplacer les décharges à ciel ouvert (lois européennes) car
le retraitement des déchets en Guadeloupe est peu développé. Les maladies infectieuses ou parasitaires sont particulièrement importantes chez la tortue Caouanne (Caretta caretta, cf doc 6), la tortue de Kemp (Lepidochelys kempii) et la tortue verte (Chelonia mydas). Deux typologies de lésions sont dominantes : celles dues aux mycoses et les pneumopathies. Elles se développent chez les individus atteints d?immuno-déficience. Lors d?un prélèvement bactériologique sur une tortue morte, le foie, les poumons et le tube digestif sont les organes à tester en priorité. 4.
Echouage des
tortues marines Les échouages des tortues marines sont peu visibles aux Antilles car les courants les font dériver et peu de cadavres ont été découverts sur les plages. Mais je trouve intéressant d?étudier ce si l?on regarde les nombreuses études à ce sujet et notamment au niveau de quelques autopsies. En effet, on démontre que le plus souvent les tortues sont mortes après avoir ingurgité un sachet plastique, qu?elles avaient sans doute pris pour des méduses.
La deuxième cause vient des filets, des engins de pêche ;
ou alors elles sont entaillées, déchiquetées par les hélices de
bateaux.
L?aquarium de la Guadeloupe est le seul centre de soins des
tortues marines de la Guadeloupe.Toute tortue apportée à
l?aquarium va être soignée, suivant la gravité de la blessure,
puis relâchée dans le « Grand-cul-Sac Marin », une
barrière de corail, endroit privilégié et protégé par le Parc
National de la Guadeloupe. 5.
Tourisme Les tortues qui viennent pondre sur les plages sont dérangées par l?aménagement et la présence permanente des hommes. Les lumières des hôtels et des habitations désorientent les tortues qui viennent pondre sur les plages. De plus, la demande pour des produits issus des tortues marines est très importante dans les régions touristiques tropicales et sub-tropicales. Elle encourage les massacres dans de nombreux pays pour la carapace et la viande de tortue. D?une manière générale, tous les produits provenant des tortues sont des articles de luxe. Le marché aux tortues vivantes est important et son exportation vise les marchés asiatiques et Européens. Pendant le transport, ces espèces présentent de graves blessures. Elles sont déshyddratéeset mourantes. Arrivée dans un état critique, la carapace est encore tendre. Les tortues sont découpées et étripées vivantes. L?agonie peut durer parfois une demi-heure. La sensation de douleur chez les tortues est aussi dévelopée que les mamifères, mais elles ne peuvent pas crier ! L?autre technique pour obtenir l?écaille, est de placer la tortue vivante dans de l?eau bouillante. Ainsi les écailles se laissent arracher sans effort du corps encore en vie. Les tortues qui auront résisté à cette torture seront ensuite rejetées à la mer et connaîtront une mort lente. Toutes les tortues sont comestibles et les ?ufs de tortues sont vendus comme aphrodisiaque en Amérique du sud et en Asie. La découverte de la tortue comme source de produits « exotiques » et « protéiques » est la cause de ce malheur. Le cartilage gélatineux se trouvant sous les écailles forme la substance de base du « consommé Lady Curzon », nom élégant donné au bouillon de tortue. La carapace du caret (Chelonia mydas) est utilisée pour la confection de montures de lunettes de luxe dont le prix va jusqu?à 10 000 Frs. Le cuir n?est pas de la meilleure qualité, mais l?appellation de « tortue » fait vendre et attire le snobisme.
Document
6 Parasites, champignons et bactéries chez 20 caouanne (Caretta caretta) trouvées sur les côtes Atlantique Françaises, étude menée par l?Aquarium de la Rochelle et Océanopolis à Brest. Les tortues marines sont inscrites à la convention de Washington à l?annexe 1 et protégées depuis 1991 par le Ministère de l?Environnement Français. L?aquarium de la Guadeloupe a des permis spéciaux pour sauvegarder et soigner les espèces en danger.
Les demandes
d?autorisation sont communiquéees au Ministère de l?Environnement,
Direction de la Nature et des paysages-Sous-Direction de la chasse,
de la faune et de la flore sauvage. Un réseau « Tortues » a été crée en Guadeloupe depuis peu pour les protéger et sensibiliser le public face à la menace environnante. Ce réseau est appuyé par des personnes locales afin d?agir dans le cadre d?une stratégie de conservation des tortues marines de l?Archipel guadeloupéen. Le plan d?action national mis en place a été décidé par la DIREN (Direction Régionale de l?Environnement) et un réseau regroupant différents organismes publics : le Parc National de la Guadeloupe, l?Office National de la Chasse, associations AEVA (Association pour l?Etude et la protection des Vertébrés des petites Antilles), Evasion Tropicale et l?Aquarium de la Guadeloupe. Ce réseau est dirigé par Jacques Fretey, biologiste au Muséum d?histoire naturelle, spécialiste mondial sur les tortues marines et président du groupe « Chelonée » à l?aquarium de la Rochelle ; association créée pour relancer l?étude de la protection des tortues marines sur les côtes atlantiques françaises.
Le but est d?harmoniser
les travaux entre les différents groupes et d?intégrer
la Guadeloupe au réseau « WIDECAST » (Wider
Caribbean sea Turtle Conservation Network : Réseau de
conservation des tortues marines en Grande Caraïbe) : Le WIDECAST est un projet né lors de la première réunion des Parties contractantes de la Convention et le Développement de l?Environnement marin de la Région de la Grande Caraïbe (Convention dite de Cartagène, Résolution 3 sur le protocole des aires spécialement protégées et la vie sauvage) et du Meeting annuel des associations de Conservation de la Caraïbe, en République dominicaine, du 26 au 29 août 1981, à l?initiative de l?UICN. Le « Marine Turtle Specialist Group » de la Commission de Survie des Espèces de l?UICN a fourni les membres scentifiques du bureau de WIDECAST. Celui-ci est composé de 11 administrateurs et coordonne les activités d?un réseau composé d?environ 400 organismes et personnes. Le WIDECAST est géré au quotidien par un directeur (Karen Eckert) et un secrétariat.
Son objectif est de préparer
un Plan d?action régional global dans la Grande Caraïbe, Golfe
du Mexique, Mer Caraïbe, Atlantique ouest jusqu?à 200 miles
nautiques des Bahamas et de la Floride, et incluant la côte Nord du
Brésil et un plan d?action pour chacune des 39 entités de cette
région, dans le but de restructurer et mieux protéger les
populations de tortues marines habitant ces eaux.
E)
Travaux et soins de l?Aquarium 1. Espèces et soins apportés aux tortues
Toutes les tortues apportées à l?aquarium de la
Guadeloupe sont soignées et relâchées. Les planches posées
au-dessus, les protègent du soleil et créent un peu d?ombre.
Lors de mon stage, nous avons récupéré deux tortues
adultes, une tortue jeune et des nouveaux-nés. Chaque tortue a sa
fiche d?identification, afin de suivre de très près son évolution
et son état de santé. Elles sont présentées aux paragraphes numérotés
de 10a à 10c.
·
La première tortue est arrivée après le cyclone « George »,
lors du week ?end du 19 septembre 1998. Une personne nous demanda
de venir la chercher à Saint-Anne en fin de matinée. C?était
une jeune tortue verte (Chelonia mydas) de taille moyenne, épuisée
de s?être battue toute la nuit en mer. Nous l?avons ramenée au
laboratoire et placée dans le bassin 3 (440 litres remplis), avec 1
cm d?eau seulement parce-qu?elle était incapable de relever sa
tête pour respirer. Il lui a fallu plus d?une semaine pour voir ses premiers mouvements, mais elle était incapable de manger les morceaux de « balaoux » (poissons utilisés à l?Aquarium, de taille longue et fine et très consommés aux Antilles) et retrouvé sa vitalité, on la déplaça dans le bassin à requins (95 000 litres) pour qu?elle puisse mieux nager et prendre des forces.
Aujourd?hui, elle va très bien et va bientôt être relâchée. · La seconde tortue était la « toti jaune », en créole, ou tortue caouanne (Caretta caretta). Elle fut trouvée sur la plage de Saint-Félix, le 21 octobre 1998. Elle vit sa taille adulte, avec une couleur rouge-brique magnifique sur son dos et un plastron jaunâtre. Son cou était énorme et la tête puissante, gare si on y mettait les doigts !!! On avait remarqué qu?elle avait dans sa bouche un bout de bois d?une longueur de 5 centimètres environ. Trouvée dans un état grave, nageoires amputées, blessée par un filet de container, nous étions très inquiets pour sa survie. Peu à peu, ses blessures se sont améliorées et cicatrisées. Mais nous étions crispés pour son alimentation, nous ne savions pas comment faire étant donné qu?elle ne mangeait pas. On allait dans les jours à venir lui faire une radiographie pour connaître son problème. Finalement, en donnant le poisson à la tortue du second bassin, la « Karet » s?est mise elle aussi résistante et patiente. Le bout de bois dans sa gueule avait dû casser et disparaître. Elle fut relâchée dans la première semaine de janvier 1999, au Grand-cul de Sac-Marin.
· La troisième tortue est arrivée en même temps que la couanne, à un jour près. Elle fût trouvée sur l?ilot Boissard et était amputée d?une nageoire. Sa particularité était de ne pas pouvoir s?immerger, caractéristique d?une lésion pulmonaire. C?était une olivâtre, spécimen rare, qui ne se trouve généralement pas sur la route de la Guadeloupe mais de la Guyane. Elle était très peureuse et pas confiante du tout dans son bassin. Il a fallu attendre une journée pour qu?elle commence à se nourrir. De couleur verdâtre sur sa carapace, elle se confond mal avec les couleurs du bassin qui développe rapidement les algues marines. Différents traitements sont en cours mais sans résultat pour la guérir. Mr Cuviller, encore maintenant, est en train de chercher le meilleur traitement, avec l?appui du biologiste Jacques Fretey.
2. Réhabilitation
de tortues marines : Lorsque que nous pensons que les tortues, soignés à l?aquarium, vont bien, nous les relâchons rapidement pour éviter le stress de la captivité et une dépendance marquante de l?homme. Avant de les relâcher, toutes les tortues sont baguées sur l?une des nageoires avant, pour qu?elles puissent être identifiées et fichées. Nous étions inquiets quant à la réhabilitation la caouanne (Caretta caretta) en milieu naturel étant donné sa dépendance de l?homme et de son bassin. Le directeur avait souhaité la garder le plus longtemps possible pour satisfaire son public, toujours avide de sensation forte, sans se soucier de sa mise en liberté et des lois naturelles.
Pourrra t-elle s?en
sortir seule après tant d?années passées en aquarium ?
personne ne le saura, si ce n?est par un échouage sur l?une des
plages de Guadeloupe. - Il existe véritablement deux sortes de réhabilitation, la remise en liberté ou la remise en liberté semi ? fermé, c?est à dire en semi ? captivité. La mise en liberté dépend de plusieurs facteurs qui sont déterminants pour la survie de la tortue. Dans le premier cas, si la tortue a été trouvée blesée, perdue ou malade, les soins vont l?aider à retrouver sa vitalité. Dès qu?elle ira mieux et que ses blessures seront cicatrisées, on devra la relâcher très vite. Dans
le deuxième cas, une tortue née ou capturée pour un aquarium
deviendra dépendante de l?homme et ne devra pas être relâchée.
Elle mourrait après quelques jours. La seule alternative possible,
reste la semi - captivité,
c?est à dire, une réserve naturelle protégée, dans un lagon
par exemple, muni de filets à mailles non coupantes pour l?empêcher
de sortir. - Toutes les tortues sont protégées et les aquariums bénéficient d?un satut spécial pour les conserver. Il est interdit de garder des tortues toute une vie dans un aquarium, aussi on doit sensibiliser les gens à leur protection et aux dangers qui les menacent. Faut ? il encore y penser et le faire ! Beaucoup d?aquariums vendent les tortues discrtement à des laboratoires, ou les exposent toute leur vie. Heureusement que les tortues adultes, blessés ou amputées, ne sont pas conservées en aquarium, d?une part à cause de la taille et d?autre part aussi du fait qu?une tortue amputée ne serait pas bien perçue par les visiteurs. L?étude sur les migrations des tortues marines est très active. Des scientifiques américains ont désormais le moyen de les suivre pendant toute une période grâce à une « balise » posée, sur la carapace, transmettant des informations par satellites. Les résultats sont surprenants. La première tortue dont la balise était restée assez longtemps pour la suivre, nommée « Humpty Dumpty », à permis de voir au large de l?état de Géorgie (nord ? Est des Etats Unis) sa migration tout au long de la côte. Son étude commença le 28//09/98 jusqu?au 12/11/98, pendant tout ce temps on a pu suivre la tortue point par point dans ses déplacements. Ce suivi a permis de connaître les lieux de prédilections destortues et la migration qu?elles effectuent pendant toute une saison. L?énigme qui passionne les scientifiques est de comprendre pourquoi et comment les tortues reviennent toujours sur leurs lieux de naissance après des années passés en mer. C?est un mystère. Pour mieux la protéger, il faut connaître ses m?urs et ces lieux.
Cette étude est en expérimentation
et portera sur une population de tortues. Les premiers résultats
sont déjà satisfaisants et présagent de nouvelles découvertes. Conclusion
Sous la pression de divers gouvernements et associations non
? gouvernementales, la protection des tortues marines commence à
voir le jour. C?est un début.
Encore aujourd?hui des milliers de tortues sont tuées
simplement pour satisfaire un public avide d?animaux rares !
Le trafic à l?exportation vers les pays d?Asie favorise le
marché noir. Certaines espèces de tortue sont en voie de
disparition, comme la tortue olivâtre (Lepidochelys olivacea)
en Atlantique.
Tous les produits de tortues sur le marché sont illégaux
mais aucune réglementatin stricte n?est mise en place. La
protection existe dans certains états, dont la France, mais ce
n?est pas suffisant globalement.
Les pays de la Caraïbe, concernés par la protection de
tortues marines et les effets néfastes de la pollution des mers,
ont eu l?idée de créer le projet WIDECAST, c?est une réussite.
Nous en verrons les effets dans peu de temps car nous attendons beaucoup de ce réseau
international. La survie des tortues aux Antilles en dépend.
L?homme doit prendre conscience que la tortue, l?une des
espèces animales la plus ancienne, risque de disparaître si on ne
la protège pas des appétits alimentaires et commerciaux. Espérons que ce rapport de stage aura contribué, même modestement, à en prendre conscience. Bibliographie et Sources ¨
Le Guide du Routard, Guadeloupe, Hachette, 1998 ? 1999. ¨
Lippert Gérard et Soreil Philippe, Le dauphin, l?homme et la mer,
Editions du perron, 1998. ¨
Caroline, Renato et Manolo, rédacteurs d?Evasion Tropicale :
l?information sur les tortues marines et les cétacés en zone
Caraïbe », n°1 à 5, 1998. ¨
WWF France, l?Archipel Guadeloupéen : 1.1 Iles du Sud, 1998 ¨
Duguy Raymond, Morinière Pierre et Le Milinaire Claude, Facteurs de
mortalité observés chez les tortues marines dans le Golfe dde
Gascogne, 1995. ¨
Alayse Jean ? Paul, Le Milinaire Claude, Docteur Duguy et Morinière
Pierre, Observatoire du Patrimoine Naturel : Groupe Tortues
Marines, II.5, Protocole et fiche de recherche des causes de
mortalité, 1995. ¨
Encyclopédie « Tout l?Univers », p 1201 à 1203 et
2388, 1984 ¨ Amsler Kurt, Les tortues marines, magazine « Animan n°13 », 1988. |